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Chapitre 2

  • Courts commentaires en forme de correctifs à propos de l’analyse de Chapitre 2 sur le programme du NPA et de Philippe Poutou à l’élection présidentielle de 2017

    L’analyse du positionnement européen du NPA faite par « Chapitre 2 » et  publiée sur ce site me semble caricaturale. Les réponses au questionnaire de l’équipe que nous avons transmises entretemps (le lien est ici) permettront j’espère aux lecteurs de se faire une idée plus exacte des positions que le NPA défend depuis sa fondation en 2008, en continuation de la lutte contre le TCE, mais je voudrais juste apporter ici quelques correctifs de faits :

    Vous indiquez que le programme de Philippe Poutou synthétisé par le 4 pages « Un ouvrier candidat pour la rupture avec le capitalisme » ne comporte aucune entrée spécifique sur l’UE, ni même une seule mention. Pourtant, dans ce quatre-page parmi les points essentiels du programme d’urgence à mettre en oeuvre, nous revendiquons : « Une rupture internationaliste avec l’Union Européenne, pour une autre Europe, basée sur la solidarité des peuples contre l’exploitation et toutes les oppressions ».

    Vous ajoutez que dans le programme du NPA pour les élections européennes de 2014, puisque « la coopération entre les peuples d’Europe est une nécessité historique », il ne serait pas question d’envisager une rupture avec l’UE. Pourtant, dans le Quatre pages distribué nationalement par le NPA dans cette dernière campagne européenne notre conclusion est à l’inverse !

    Je cite le paragraphe dont le titre est « Non à l’Europe des multinationales et des spéculations financières » ou apparaît cette nécessité historique de coopération entre les peuples. « L’Europe capitaliste, l’Europe de la BCE est à l’opposé de cette perspective, elle en est la négation. » Plus loin, « L’UE n’est qu’un instrument pour les capitalistes afin de mener leur guerre économique en sacrifiant les peuples ». Et dans la partie « Prendre nos affaires en main, conquérir la démocratie », nous affirmions « Le combat contre le capitalisme inclut donc celui à mener contre les institutions de Bruxelles et Strasbourg. Une telle révolution passerait nécessairement par l’abrogation des traités qui régissent l’Union Européenne, la zone Euro et la BCE. A commencer par le traité de Maastricht et ses sinistres critères ou celui de Lisbonne. […] Nécessairement, il faudra en finir avec la politique de l’Europe forteresse, s’engager ans la voie de la coopération avec les autres peuples. Notre perspective, en rupture avec l’UE de Maastricht, est celle d'un processus constituant, démocratique, ouvrant la voie à un pacte de solidarité entre les peuples d’Europe, pour décider de la façon dont ils organisent leur coopération afin de satisfaire leurs besoins sociaux et environnementaux. […] Un gouvernement anti-austérité prendrait des mesures immédiates, inévitablement incompatibles avec l’UE et ses traités ». On pourrait citer bien d’autres passages, sur la fumisterie du parlement européen, etc…

    Ainsi, notre positionnement pour une autre Europe est cohérent avec les nombreuses campagnes que la LCR, puis le NPA ont toujours mené vigoureusement, avec d’autres, contre les institutions de l’UE. On peut discuter, et avoir été ou être toujours en désaccord avec notre manière d’articuler notre stratégie et notre argumentation sur l’UE et l’Europe que nous voulons, mais pour écarter les fausses polémiques et réfléchir ensemble, il aurait été utile de prendre ces éléments en compte. Cela aurait évité aux rédacteurs de cette note d’analyse à charge, de devoir reconnaître honnêtement lors du débat qu’ils organisaient à Paris le 25 mars et auquel nous avons été chaleureusement invité, que la brochure présidentielle détaillée que le NPA a éditée depuis, corrige heureusement leur première impression ! 

    Recevez, chers camarades, nos meilleures salutations internationalistes.

     

    Par Christian VARIN, membre de la direction du NPA

     

  • Publication du Programme Détaillé du NPA : l'Analyse Complémentaire de Chapitre 2

    Quelques jours après la publication par Chapitre 2 de l’analyse du programme du NPA sur les questions européennes, ce parti publiait son programme détaillé, «Nos vies, pas leurs profits » (48 pages). Ce document est beaucoup plus dense que la brochure « Un ouvrier candidat pour la rupture avec le capitalisme » (4 pages) précédemment analysée. Comme nous l’indiquions, cette dernière était totalement muette sur la question de l’Union européenne (UE). Ce n’est plus le cas de ce nouveau document.

    Dans la partie intitulée « renforcer la solidarité par delà les frontières », un développement est titré « l’Europe : une forteresse capitaliste ». Le propos critique sur le caractère ultralibéral et antidémocratique de l’UE ne souffre d’aucune ambiguïté : « les institutions qui gouvernent cette Europe sont encore plus anti démocratiques que celles qui gouvernent la France ou l’Allemagne. Tous les traités européens ont été écrits pour défendre les droits des capitalistes européens et remettre en cause les droits sociaux ».

    Dans le développement suivant, « le protectionnisme comme solution », le NPA énonce une critique radicale du libre-échange, compétence entièrement déléguée par les Etats à l’UE (l’espace européen est un espace de libre-échange absolu et la politique de commerce extérieur relève entièrement de l’UE – articles 28, 30 et 31 du TFUE). Le parti trotskiste y défend :

    - “le rejet de tous les traités de libre-échange, dont ceux de l’UE” (cette dernière mention n’étant pas très claire, puisqu’aujourd’hui tous les traités de libre-échange relèvent de l’UE) ;

    - “le contrôle des mouvements de capitaux” ;

    - l’attachement à la souveraineté alimentaire (sans que l’entité souveraine ne soit définie).

    Mais dans ce même développement, le NPA réaffirme son opposition frontale au protectionnisme, entendu comme le contrôle des mouvements de marchandises, assimilé au « patriotisme économique », qui « revient à défendre les intérêts des entreprises françaises et du patronat français ».

    Il faut relever ici une ambiguïté dans le positionnement du parti de Philippe Poutou. Si l’on définit le libre échange comme la libre circulation des marchandises et des capitaux (ce qui est sa véritable définition), alors le protectionnisme est le contrôle des flux de marchandises et de capitaux. Dans son programme, le NPA accepte donc un aspect du protectionnisme et en refuse un autre. On voit mal, pourtant, en quoi la régulation des marchandises constituerait davantage une dérive “nationaliste” que la régulation des investissements ou des rapatriements de dividendes.

    Comment le NPA entend-il lutter contre les effets délétères du libre-échange pratiqué par l’UE et parvenir aux trois objectifs mentionnés précédemment ? « La seule façon de lutter efficacement contre le “dumping social”, c’est d’exiger dans chaque multinationale des droits et des salaires équivalents, que l’on soit en Roumanie, en Tunisie, au Maroc ou ailleurs, en s’alignant sur les standards les plus favorables. »

    Ce que nous relevions dans notre première analyse est ainsi confirmé. Pour les trotskistes, l’UE ne constitue pas une spécificité particulière. Le champ de revendications et la résolution du problème de non application de normes sociales identiques selon les territoires se résoudrait, selon eux, par l’obtention de standards élevés uniformes, pour tous les peuples, au-delà même des frontières de l’UE. La révolution mondiale comme seule instrument possible de transformation sociale est explicitement réaffirmée : « Il est donc temps que les travailleurEs, le mouvement ouvrier, se coordonnent par-delà les frontières afin de se défendre ensemble contre cette classe d’exploiteurs ».

     

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