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Publication du Programme Détaillé du NPA : l'Analyse Complémentaire de Chapitre 2

Quelques jours après la publication par Chapitre 2 de l’analyse du programme du NPA sur les questions européennes, ce parti publiait son programme détaillé, «Nos vies, pas leurs profits » (48 pages). Ce document est beaucoup plus dense que la brochure « Un ouvrier candidat pour la rupture avec le capitalisme » (4 pages) précédemment analysée. Comme nous l’indiquions, cette dernière était totalement muette sur la question de l’Union européenne (UE). Ce n’est plus le cas de ce nouveau document.

Dans la partie intitulée « renforcer la solidarité par delà les frontières », un développement est titré « l’Europe : une forteresse capitaliste ». Le propos critique sur le caractère ultralibéral et antidémocratique de l’UE ne souffre d’aucune ambiguïté : « les institutions qui gouvernent cette Europe sont encore plus anti démocratiques que celles qui gouvernent la France ou l’Allemagne. Tous les traités européens ont été écrits pour défendre les droits des capitalistes européens et remettre en cause les droits sociaux ».

Dans le développement suivant, « le protectionnisme comme solution », le NPA énonce une critique radicale du libre-échange, compétence entièrement déléguée par les Etats à l’UE (l’espace européen est un espace de libre-échange absolu et la politique de commerce extérieur relève entièrement de l’UE – articles 28, 30 et 31 du TFUE). Le parti trotskiste y défend :

- “le rejet de tous les traités de libre-échange, dont ceux de l’UE” (cette dernière mention n’étant pas très claire, puisqu’aujourd’hui tous les traités de libre-échange relèvent de l’UE) ;

- “le contrôle des mouvements de capitaux” ;

- l’attachement à la souveraineté alimentaire (sans que l’entité souveraine ne soit définie).

Mais dans ce même développement, le NPA réaffirme son opposition frontale au protectionnisme, entendu comme le contrôle des mouvements de marchandises, assimilé au « patriotisme économique », qui « revient à défendre les intérêts des entreprises françaises et du patronat français ».

Il faut relever ici une ambiguïté dans le positionnement du parti de Philippe Poutou. Si l’on définit le libre échange comme la libre circulation des marchandises et des capitaux (ce qui est sa véritable définition), alors le protectionnisme est le contrôle des flux de marchandises et de capitaux. Dans son programme, le NPA accepte donc un aspect du protectionnisme et en refuse un autre. On voit mal, pourtant, en quoi la régulation des marchandises constituerait davantage une dérive “nationaliste” que la régulation des investissements ou des rapatriements de dividendes.

Comment le NPA entend-il lutter contre les effets délétères du libre-échange pratiqué par l’UE et parvenir aux trois objectifs mentionnés précédemment ? « La seule façon de lutter efficacement contre le “dumping social”, c’est d’exiger dans chaque multinationale des droits et des salaires équivalents, que l’on soit en Roumanie, en Tunisie, au Maroc ou ailleurs, en s’alignant sur les standards les plus favorables. »

Ce que nous relevions dans notre première analyse est ainsi confirmé. Pour les trotskistes, l’UE ne constitue pas une spécificité particulière. Le champ de revendications et la résolution du problème de non application de normes sociales identiques selon les territoires se résoudrait, selon eux, par l’obtention de standards élevés uniformes, pour tous les peuples, au-delà même des frontières de l’UE. La révolution mondiale comme seule instrument possible de transformation sociale est explicitement réaffirmée : « Il est donc temps que les travailleurEs, le mouvement ouvrier, se coordonnent par-delà les frontières afin de se défendre ensemble contre cette classe d’exploiteurs ».

 

Chapitre 2

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